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Moneta, première !

C’est cette photo qui m’a vraiment vendu ce patron. J’ai d’ailleurs déjà le tissu pour une version de ce type 🙂

Ah, Moneta. Voilà un patron de Colette Patterns sur lequel j’ai craqué dès sa sortie (avec sa copine Mabel), tout en sachant que je ne pourrais pas le réaliser de sitôt. C’était il y a… longtemps. Au moins 5 ans… Moneta n’est en effet que le second projet en jersey que j’ai mené à son terme, suivant en cela le Trop-Top de Ivanne S. C’est le Trop-Top et sa montagne de feuilles d’explications qui m’a donné le courage de (ré)essayer cette matière et j’ai été stupéfaite de la façon dont elle réagit. Le jersey s’adapte, l’embu se fait tout seul, il s’étire, plisse là où il faut, reste plat là ou il faut. Les règles sont complètement différentes qu’avec du tissu chaîne et trame. Et désormais, j’ai envie de coudre plein de choses en jersey. Car en plus, c’est l’une des matières les plus confortables au monde.

Comme la Moneta était dans ma ligne de mire depuis des… années en fait, j’ai profité de mes crédits Seamwork inutilisés pour m’acheter ce fameux patron en version PDF. Il faut dire que cette envie ne venait pas totalement de nulle part : l’un des vêtements du commerce que j’aime le plus porter est une robe de ce type, flatteuse, féminine, confortable et allant avec tout. De plus, j’avais auparavant fait une descente chez Mondial Tissus où j’avais allègrement profité des soldes et déniché de jolis jerseys – chose qui reste finalement assez rare.

 

Quand le PDF nous joue des tours…

C’est la première fois que j’utilisais un patron de cette marque, mais j’avais entendu dire qu’ils étaient particulièrement bien expliqués. Moneta est une robe simple à coudre, avec peu de points très techniques, mais j’ai effectivement trouvé le tout vraiment limpide avec beaucoup d’illustrations très claires. Presque trop claires : au bout d’un moment j’ai un peu oublié de lire, me contentant des illustrations, ce qu’il m’a valu une erreur sur le fronçage de la jupe.

Me voici donc, scotch et ciseaux en main, à assembler ladite chose imprimée. Erreur de débutante en PDF : je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite, mais j’ai imprimé non pas en 100% mais en « ajusté ». Patron américain oblige, les pages ne sont pas nativement au format A4 mais environ 20% plus petites. C’est au moment de vérifier, de façon un peu machinale, le « carré test » censé mesurer 4 pouces, que je me suis rendu compte qu’il faisait bien plus qu’attendu et donc que j’avais mal imprimé. Je me suis donc retrouvé avec une bonne taille de plus qu’escompté. Comme j’avais un peu peur que  le vêtement soit trop petit -je ne sais pas pourquoi, en fait- j’ai continué. D’où l’aspect final un peu loose de la partie buste, mais en fait j’aime bien comme ça aussi. J’ai pu corriger ça sur la seconde version.

Les explications, bien qu’en anglais sont très simples à comprendre tant qu’on maîtrise les quelques termes de couture de base : seam, baste, right/wrong side… A noter qu’il existe une traduction française de ce patron, si on l’achète sur le site et non via Seamwork comme moi.
Là encore, je me demande pourquoi je me faisais une montagne de la couture de patrons en anglais et en mesures « inch ». Pour ces dernières, j’ai de toute façon des règles et mètres de couturière qui possèdent les deux modes de mesure. Le tout étant de ne pas se tromper.

.. et que la surjeteuse n’en fait qu’à sa tête

Ce qui a été beaucoup moins simple en revanche, c’est le comportement de ma surjeteuse. Je pense que j’ai du multiplier par 2 le temps de couture sur ce modèle : j’ai dû quasi systématiquement refaire avec la machine à coudre les coutures faites avec la surjeteuse puisqu’elles se défaisaient à vitesse grand V. Au moment où j’écris ces lignes, j’ai un sérieux soupçon sur l’origine du problème : la manière donc je coupe le fil assez loin entre deux coutures. Lorsque je reprends par la suite, le long fil laissé lors de la session précédente a la fâcheuse tendance à passer sous le pied de biche puis se prendre dans toute la machinerie (pour moi, la surjeteuse c’est un monde un peu hostile avec du métal partout qui cliquète dans tous les sens). Du coup, cela rend la couture moins élastique et moins solide car ça tire dessus en même temps que ça coud. Je vous reparlerai certainement de la suite de mes investigations sur ce point.

Un autre souci que j’ai eu mais qui lui est sans doute totalement de ma faute, lorsque j’ai cousu les poches, la gestion des courbes a été un peu compliquée. Cela créait un trop plein de tissu au niveau du boucleur (le « col de cygne ») qui une fois ou deux, s’est pris dans le tissu. Si tu as une surjeteuse, tu sais le plaisir que c’est de démanteler tout bourrage de tissu ou de fil sur celle-ci. C’est long et ça peut laisser des dommages sur le tissu. Et sur ton humeur, aussi.

En dehors de ces problèmes qui sont sûrement dûs au fait que je maîtrise mal cet outil, le patron est éprouvé, il a été cousu et recousu par toute la blogo-instagramo-sphère. Je lui reproche juste un buste un chouia trop long (indépendamment de la taille). Je l’ai raccourci un peu ici à la couture d’assemblage du haut et de la jupe et ça me va mieux.

Choix du tissu : ça passe ou ça casse

Puisque l’on parle de la jupe, comme vous le voyez, les deux parties de la robe sont dans deux tissus différents. Ce résultat est le fruit d’une intense réflexion… Le jersey rayé, un peu chiné, est très légèrement transparent, fluide et assez respirant. J’adore ses couleurs qui donnent du peps dans le style marinière. Le jersey rouge est un superbe jersey (interlock ?) assez lourd et de très bonne tenue. Je l’avais précieusement gardé pour un projet qui valait le coup car je l’adore et il est très agréable à porter et chaud. Je m’en doutais lorsque j’ai fait ce choix, la jupe est plus lourde que le haut et ça tire un peu. Il n’est pas sûr que le haut ne rallongera pas avec le temps. J’ai pris le risque car je n’avais de toute façon pas assez de jersey rouge pour faire toute la robe, et le jersey rayé était trop léger et transparent pour une jupe. J’avais le choix entre n’utiliser aucun des deux ou utiliser ces deux-là. J’aimais bien l’association et je pense qu’elle rend bien ! Par contre, il y a une surépaisseur sur le jersey rouge, à cause des plis. Par inattention, je n’ai pas vu les explications pour froncer la jupe et je l’ai donc froncée en cousant, mais le résultat ressemble plutôt à des plis. Je trouve que le résultat n’est pas nickel et j’ai tendance à porter une ceinture pour masquer un peu ce défaut.

Une photo portée quand même, en mode selfie en attendant d’être équipée pour vous faire de jolies photos portées 🙂

Pour résumer mon avis sur l’expérience Moneta :

J’ai aimé : 

  • La qualité du patron et des explications, très illustrées
  • Le confort final
  • Les tailles semblent bien si on imprime le patron comme il faut 🙂
  • Ça se coud somme toute assez vite pour une jolie pièce

J’ai regretté : 

  • La buste un peu long
  • Pas d’accès à la traduction française du patron en passant par Seamwork pour l’acheter, alors qu’elle existe sur le site de Colette.
  • Les soucis de surjeteuse m’ont un peu énervée… et ont un peu gâché mon plaisir sur ce patron
  • J’ai zappé les raccords de rayures

Preuve que l’expérience fut globalement plaisante, j’ai déjà, au moment où j’écris ces lignes, terminé une autre Moneta qui sera publiée bientôt. Et ce n’est sûrement pas la dernière puisque j’ai un tissu qui devrait se transformer en Moneta de printemps… Enfin si je ne change pas d’avis entre temps.

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